Pourquoi l'innovation est-elle devenue centrale ?

11.07.2016

 

Depuis les travaux de Joseph A. Schumpeter (1883-1950), l’innovation est devenue centrale dans l’analyse de la dynamique économique. C’est l’un des précurseurs en matière d’innovation et de la dynamique économique. Il est le premier à avoir théorisé que l'innovation est facteur de progrès technique, de croissance économique et de changement social. Selon Schumpeter, l’économie est rythmée par des phénomènes de destruction créatrice. Lorsqu’une innovation est introduite sur le marché et qu’elle se diffuse, elle confère à l’entreprise un monopole temporaire sur un marché, ce qui lui permet de maximiser son profit grâce à une rente de situation. Les entreprises moins innovantes voient leur profit diminuer et, à terme, disparaissent.


Parallèlement à cette théorie, l’économie a connue plusieurs transformations depuis le Fordisme des années 70. En passant par la nouvelle économie des années 90, mais aussi et surtout, par l’économie de la connaissance au début de l’an 2000, pour arriver vers l’économie de l’immatériel, dans laquelle nous nous trouvons depuis le milieu des années 2000. Ces changements ont peu à peu transformé les sources de compétitivité, plaçant l’innovation au coeur du jeu économique. En effet, avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), comme les ordinateurs, le téléphone, Internet, ou encore le télécopieur, etc., on observe la naissance d’une économie produisant de nouvelles connaissances dont les coûts de codification, de reproduction et de transmission sont faibles. Par ailleurs, la connaissance à la caractéristique d’être cumulative. Autrement dit, les recherches actuelles dépendent des résultats des recherches faites précédemment. Elle est donc à l’origine d’externalités de diffusion positives, ce qui signifie que le rendement social de la recherche est supérieur à son rendement privé.

 

Durant le 19ème siècle, la croissance économique était soutenue par le capital tangible d’une entreprise comme les terrains, les machines, la capacité d’endettement, etc. Mais dès 1920, on constate que la part du capital intangible, tel que le savoir-faire, les compétences, la capacité à échanger des informations, la notoriété, etc., augmente, devenant ainsi une source de productivité et de compétitivité. Si durant le Fordisme, les stratégies concurrentielles étaient orientées vers la recherche des rendements croissants dans le but de réduire les coûts, elles portent aujourd’hui sur la production des connaissances et leur valorisation sur les marchés. La richesse n’est plus tangible mais intangible, elle n’est plus matérielle mais immatérielle. Les sources de compétitivité se sont déplacées du capital technique et financier au capital immatériel. L’innovation devient donc un élément au coeur de cette nouvelle économie faisant de la connaissance à la fois l’input et l’output du progrès technique.

 

En outre, si innover est une nécessité, elle implique d’être incitée. En effet, l’innovation est constituée de connaissances, si elle est de nature cumulative elle est aussi de nature non-rivale. Ce qui signifie que sa consommation par un usager ne diminue pas la consommation des autres. Mais elles est aussi de nature non-exclusive, tous les usagers peuvent consommer ce bien (Samuelson, 1954). Autrement dit, on ne peut exclure quiconque de la consommation de ce bien. L’usage d’un réverbère par un individu ne diminue pas la quantité de lum